Le canyoning, activité outdoor par excellence

Parfait mélange entre sport de montagne et sport d’eau vive, le canyoning est une activité de plein air dont le succès ne se dément pas. Il attire un public toujours plus large et varié, et pour cause ! Entre sauts dans des vasques d’eau claire, glissades dans des toboggans naturels, descentes en rappel le long de parois à pic, et batailles d’eau dans le lit d’un cours d’eau sauvage au cœur d’un environnement minéral somptueux, le programme d’une descente de canyon laisse toujours présager une aventure mémorable et rafraîchissante.

En France, la discipline s’est popularisée dans les années 1990 et ce sont désormais des centaines de canyons qui sont équipés pour la pratique touristique du canyoning, principalement dans les régions montagneuses du pays. Les descentes de canyon sont extrêmement diverses et chaque gorge peut montrer un visage ludique pour une aventure familiale ou révéler son côté technique pour un défi personnel.

Les experts de CheckYeti ont rassemblé pour vous toutes les informations utiles concernant le canyoning. Les hotspots, l’équipement nécessaire ou bien la meilleure période pour se lancer dans l’aventure, vous saurez tout sur l’activité outdoor par excellence :

Qu’est-ce que le canyoning ?

Un canyoniste descend une cascade en rappel.
Le canyoning est un mélange de sports d’eau vive et de montagne

Le canyoning, appelé aussi canyonisme ou descente de canyon, est une activité qui consiste à descendre à pied le lit d’un ruisseau ou d’une rivière, dans les portions où le cours d’eau traverse des gorges ou des ravins étroits, en empruntant des techniques à différentes disciplines telles que la spéléologie, l’escalade, la randonnée et la nage en eau vive. Ainsi, tout au long du parcours de canyoning, les canyonistes enchaînent des sauts dans des vasques, des descentes en rappel le long de parois sèches ou de cascades, des passages de nage – parfois dans un siphon – et des épisodes de marche ou de désescalade, des glissades amusantes dans des toboggans naturels et même des tyroliennes.

Il est bien sûr possible de pratiquer le canyoning de façon autonome ou indépendante, mais la grande majorité des descentes de canyon s’effectue dans le cadre d’une activité encadrée par un guide professionnel.

Sans trop se mouiller, on peut affirmer que le canyoning est vieux comme le monde, ou du moins comme l’humanité. Les pêcheurs les plus audacieux se risquaient déjà dans les gorges étroites et accidentées, bien avant que les premiers aventuriers, d’abord des spéléologues, ne se lancent dans des explorations scientifiques à la fin du XIXe siècle.

Cependant, on considère que l’« invention » du canyoning date de 1905, avec la descente du Verdon par Édouard-Alfred Martel et son équipe. La Sierra de Guara, berceau du canyoning « loisir », fut découverte peu après par Lucien Briet, entre 1907-1908. Après être tombée dans l’oubli, c’est sa redécouverte dans les années 1970 qui marque le début du canyoning tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Les variantes du canyoning

Comme le canyoning, la randonnée aquatique – appelée aussi aqua-rando – se déroule dans le lit d’un cours d’eau. La principale différence réside dans le caractère très peu vertical du parcours. Sauts, nage, randonnée sont au programme de la descente, mais tous les obstacles sont suffisamment faciles pour être franchis sans l’aide de cordes, baudriers, mousquetons et autre matériel d’escalade. Les randonnées aquatiques sont particulièrement indiquées pour les familles avec de jeunes enfants, car la plupart du temps ce type d’activité est accessible dès l’âge de 5 ou 6 ans. Seule condition, comme pour le canyoning, savoir nager.

Le coasteering (ou coastering), appelé aussi canyoning côtier, est une discipline apparue dans les années 1990 au pays de Galles. Après s’être répandue dans l’ensemble du Royaume-Uni, elle a traversé la Manche et se développe en France depuis quelques années. Cette cousine du canyoning se pratique donc en bord de mer et consiste en l’exploration de la côte en alternant les sauts, la nage, l’escalade, le rappel. Elle permet notamment de découvrir des grottes accessibles uniquement par la mer.

Qu’est-ce qu’un canyon ? Caractéristiques et difficulté

Un canyon, ou gorge ou encore défilé, est un passage plus ou moins étroit entre deux hautes parois rocheuses. Il est le fruit d’une érosion hydraulique de plusieurs millions d’années, favorisée par les mouvements tectoniques et la nature de la roche, mais aussi les événements météorologiques.

De nombreux canyons, par exemple les gorges du Verdon, se sont formés dans des terrains calcaires, car cette roche est particulièrement friable. On trouve cependant également de superbes gorges sculptées dans le gneiss (canyon du Llech), le basalte
(canyon de Fleur Jaune) ou le granite (canyon de Purcaraccia).

Le niveau de difficulté d’un canyon est évalué selon plusieurs critères : la verticalité du canyon, son caractère aquatique, ainsi que l’engagement et l’envergure du parcours. En France la cotation utilisée est celle de la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME).

La verticalité concerne les passages à franchir en rappel, en escalade ou désescalade ; le caractère aquatique donne des indications sur la hauteur des sauts, la longueur des toboggans ou encore la puissance du courant ; l’engagement fait référence à la présence d’échappatoires et au temps nécessaire pour se mettre « hors-crue » en cas de besoin ; enfin, l’envergure indique la durée du parcours, marches d’approche et de retour comprises.

De façon générale, dans les canyons faciles, les sauts n’excèdent pas 3 m, les descentes en rappel ne dépassent pas les 10 m et les sections d’escalade ou de désescalade sont faciles. Les parcours de difficulté intermédiaire proposent des sauts entre 3 et 5 m et des descentes en rappel qui emmènent les canyonistes dans des vasques d’eau calme situées maximum 30 m plus bas. Enfin, dans les gorges les plus difficiles, on trouve des sauts de plus de 5 m, à la trajectoire potentiellement délicate, et un peu plus de courant à l’arrivée des descentes en rappel qui peuvent dépasser les 30 m de haut.

À partir du profil du canyon et de son degré de difficulté, le guide de canyoning peut proposer différentes expériences de canyoning. Par exemple un parcours axé sur le rappel, une descente qui donne la part belle aux sensations ou encore une aventure purement aquatique. Dans la très grande majorité des cas, tous les obstacles peuvent être contournés, et quoi qu’il arrive, le guide fait jouer sa connaissance du canyon pour adapter à tout moment le parcours et les obstacles proposés à son groupe.

Qui peut faire du canyoning ?

Dans un canyon, un groupe d’amis prend la pose devant une cascade.
Le canyoning est une aventure collective très prisée pour les enterrements de vie de garçon

La dimension collective du canyoning et son caractère ludique en font une activité appréciée par les familles et par les amis qui souhaitent agrémenter un week-end ou leurs vacances d’une expérience partagée mémorable. Certains canyons les plus faciles sont accessibles même avec de jeunes enfants, parfois dès 5 ou 6 ans, et la variété des parcours permet de garantir une expérience réussie à tous.

Le canyoning est également très en vogue lorsqu’il s’agit d’organiser un enterrement de vie de jeune fille ou de garçon. Ce type d’événement, qui célèbre les derniers instants, ou presque, de célibataire, appelle une ambiance, des activités hors du commun et inoubliables. Une descente de canyon remplit sans aucun doute ces critères, et les prestataires de canyoning ne s’y trompent pas, qui proposent des offres spéciales, incluant, selon les cas, une place gratuite pour le ou la futur(e) marié(e), un costume amusant ou encore un barbecue ou un séance de spa après le canyoning.

Par ailleurs, le canyoning rencontre de plus en plus de succès chez les entreprises souhaitant mettre sur pied une journée de team building pour renforcer la cohésion au sein de leurs équipes. En effet, se dépasser, encourager ses coéquipiers, progresser ensemble vers un objectif commun dans un environnement parfois tortueux favorise naturellement l’esprit d’équipe. Là encore, les prestataires font des offres quasiment sur-mesure pour ces groupes aux attentes particulières.

Quelles sont les conditions pour faire du canyoning ?

3 personnes nagent dans l’eau turquoise d’un canyon.
Pour faire du canyoning, il est indispensable de savoir nager

Si le canyoning s’adresse à un public très varié, il est important de remplir certaines conditions pour se lancer dans une aventure au fond d’une gorge sauvage, à la fois en matière d’âge, de gabarit ou encore d’aptitudes physiques, voire d’expérience en canyoning.

Limite d’âge et de poids

En général il est possible de faire du canyoning à partir de 10 ans dans le cadre de parcours dits de découverte. Cependant certaines descentes de canyon – ce sont souvent des parcours de randonnée aquatique – sont accessibles dès 5 ou 6 ans.

Cela tient à différentes raisons  : même s’ils débordent souvent d’énergie, les enfants peuvent se fatiguer assez vite ; ensuite, ils sont moins résistants au froid, et l’eau qui coule au fond des gorges est en général assez fraîche ; enfin, une taille minimum est parfois requise, tout simplement pour que chacun puisse être équipé d’une combinaison néoprène adaptée. Par ailleurs, en France, la loi interdit l’accès de certains canyons aux enfants de moins de 12 ans. Il va sans dire que les prestataires en tiennent compte dans l’organisation des activités.

Il n’y a pas de limite de poids à proprement parler. Les prestataires de canyoning parlent plutôt de gabarit, et s’en préoccupent pour les mêmes raisons que pour la taille des enfants : ils doivent pouvoir fournir à chacun des canyonistes une combinaison en néoprène adaptée.

Pré-requis et expérience

Les pré-requis et recommandations suivantes s’appliquent quels que soient le canyon emprunté et son niveau de difficulté.

Avant toute chose, il est obligatoire de savoir nager et d’être à l’aise dans et sous l’eau. Le canyoning est une activité qui se pratique dans le lit d’un cours d’eau à la profondeur variable, et durant laquelle les participants sont par exemple amenés à sauter dans l’eau, à nager, parfois à passer par des endroits où l’eau est souterraine.

Une bonne condition physique s’impose également, car lors d’un parcours de canyoning, l’ensemble du corps est sollicité de façon relativement intense. Bien sûr, on peut parfois se reposer en se laissant porter par le courant ou bien en regardant les autres participants s’élancer pour un saut. Malgré cela, nager, escalader, descendre en rappel ou marcher dans l’eau mobilisent presque en permanence l’ensemble du corps. Certains parcours, par leur durée, demandent donc une endurance suffisante afin de pouvoir profiter du canyon jusqu’au bout, et en toute sécurité.

Ensuite il est important d’avoir le pied sûr et un bon sens de l’équilibre pour franchir avec succès les sections d’escalade ou de désescalade, ou bien pour faire face à certains passages qui peuvent être glissants. Par ailleurs le canyoning est déconseillé si l’on est sujet au vertige.

Les canyons les plus faciles ne nécessitent pas d’avoir une expérience préalable, que ce soit en canyoning ou en escalade. Au contraire, certains parcours particulièrement difficiles – ils sont souvent qualifiés de techniques – nécessitent, sinon d’avoir déjà fait du canyoning, du moins de maîtriser la technique du rappel ou d’avoir de l’expérience en escalade.

Où faire du canyoning ?

Canyoning en France

Des Alpes du Nord à la Méditerranée et jusqu’à la Corse, en passant par l’Ardèche, les Pyrénées et le Pays Basque, le Vercors ou encore le Massif Central, le Jura et les Vosges, l’Hexagone est truffé de gorges et les amateurs de sensations ont l’embarras du choix pour faire du canyoning en France. On peut également faire du canyoning dans les cascades de Mortain en Normandie, ou bien en Bourgogne.

Canyoning en Ardèche

Un groupe de canyonistes s’apprête à descendre en rappel dans un canyon en Ardèche.
En Ardèche, le canyon de la Borne offre verdure, cascades et roche scupltée © Geo Canyon

L’Ardèche est une destination très courue quand il s’agit de canyoning en France. Il faut dire que le patrimoine naturel y est particulièrement somptueux et il suffit de penser au spectaculaire Pont d’Arc ou aux grottes Chauvet pour s’en convaincre.

Si les gorges de l’Ardèche se prêtent mieux aux activités purement aquatiques, de superbes canyons permettent de faire du canyoning en Ardèche. Le canyon de la Besorgues, dans le massif du Vivarais, offre dans ses parties haute et basse d’excellents terrains de jeu. La Basse-Besorgues est même accessible dès 5 ans, donc idéale pour les familles.

Un peu plus au sud, dans le Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche, le canyon de la Borne est également une belle destination de canyoning en Ardèche. Aquatique et verdoyant, sa longueur – quasiment 3 km – permet de choisir la section qui correspond aux attentes des canyonistes.

Il a beau se trouver dans le département voisin de la Lozère, le canyon du Chassezac est souvent associé au canyoning en Ardèche. Cette très belle gorge de granite, incontournable du canyoning en France, s’étend sur 3 km et atteint 400 m de profondeur, ce qui lui vaut les surnoms de Perle des Cévennes et Antre du Diable. Les canyonistes qui s’y aventurent ont besoin de 6 heures en moyenne pour le descendre intégralement, mais il est possible de faire un parcours découverte ou intermédiaire sans pour autant s’ennuyer.

Canyoning en Corse

Majoritairement montagneuse et irriguée de nombreux cours d’eau, l’Île de Beauté n’est pas en reste lorsqu’il s’agit de sports d’eau vive, et faire une descente de canyoning en Corse reste une expérience inoubliable.

En Haute-Corse non loin de Porto Veccio, le massif de Bavella abrite 3 canyons de difficulté variable : le canyon de Pulischellu, ludique et réputé facile, est parfait pour une initiation ou pour les plus jeunes canyonistes ; le canyon de Vacca, sauvage et aquatique, est souvent décrit comme le canyon emblématique de l’île, bref une destination phare de canyoning en Corse ; le canyon de Purcaraccia, quant à lui, s’enorgueillit de toboggans pouvant atteindre les 10 m de long et de deux grandes descentes en rappel, facultatives.

Canyoning dans le Verdon

Des canyonistes dans l’eau turquoise du Verdon entre deux hautes falaises blanches.
Les gorges du Verdon sont réputées pour leurs hautes parois calcaires et leur eau turquoise © Yéti Rafting

Faire du canyoning dans le Verdon, c’est vivre une expérience mémorable au cœur de gorges parmi les plus profondes d’Europe, dans une eau dont la couleur turquoise fait sa réputation bien au-delà des frontières de la France.

Entre Castellane et le lac de Sainte-Croix, dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, la rivière a creusé son lit des millénaires durant et y coule entre de magnifiques parois calcaires de 250 à 700 m de haut. En fonction de l’itinéraire choisi, votre parcours de canyoning dans les gorges du Verdon peut vous faire passer par le Styx, le chaos de l’Imbut ou encore le couloir des Marmites Géantes. Au départ du Pont du Tusset, on peut parcourir une section particulièrement ludique et facile, qui en fait un parcours idéal pour les familles qui souhaitent faire du canyoning dans le Verdon.

Canyoning dans les Pyrénées

Un canyoniste descend en rappel le long d’une cascade.
Le canyon du Llech vous réserve des défis et des sensations en cascade © Extérieur Nature

Le Llech est considéré comme le canyon le plus ludique d’Europe. Au cœur de gorges creusées dans le gneiss du massif du Canigou, ce parcours de canyoning voit les obstacles s’enchaîner tout au long des 660 m de la descente. La « machine à laver », « l’Hélice », ou encore le célèbre toboggan éjectable ont certainement valu au canyon du Llech son surnom de Cascade des fous.

Le canyon de Thuès a quant à lui une particularité qui le distingue de tous les autres canyons en Europe : son eau est chaude. Très chaude même, avec certains passages à plus de 70 °C ! C’est donc une destination incontournable des vacanciers qui souhaitent tenter le canyoning dans les Pyrénées en hiver. Pas d’inquiétude cependant, des apports en eau froide permettent de s’y aventurer sans se brûler.

Ceux qui veulent faire du canyoning dans le Pays Basque trouveront leur bonheur dans le canyon d’Harpea qui offre un parcours lumineux à la végétation luxuriante ou bien au gré des 2 km des gorges de Kakuetta.

Canyoning dans le Vercors et le sud-est de la France

Un canyoniste descend une cascade en rappel dans le Vercors.
Le canyon des Écouges est célèbre pour sa cascade vertigineuse © Vercors Aventure

Le canyon des Écouges est la destination la plus réputée de canyoning dans le Vercors. Situé dans le département de l’Isère sur le territoire de la petite commune de Saint-Gervais, il se forme juste après l’ancienne chartreuse des Écouges, où le torrent de la Devrenne se jette au bas d’un plateau sous la forme de la vertigineuse et célèbre cascade des Écouges. Son profil très contrasté fait le bonheur des canyonistes expérimentés, comme des aventuriers en herbe dès 9 ans.

À seulement 15 minutes de Grenoble, le canyon du Furon est la parfaite destination pour les amateurs de sensations qui veulent vivre une expérience de canyoning dans le Vercors, à la fois ludique et esthétique et au cœur d’une nature verdoyante. La partie haute du Furon est la plus fréquentée, mais il est également possible de parcourir sa partie basse ou de se lancer dans l’intégrale du canyon.

Dans les Alpes-Maritimes, à 1 h 30 de Nice à peine, on trouve aussi la clue du Riolan et la clue de la Maglia, deux jolis canyons calcaires pleins de surprises. Et pour ceux qui souhaitent faire du canyoning à Annecy ou dans les environs, la cascade d’Angon et le canyon du même nom, ainsi que le canyon de Montmin sont d’excellentes alternatives rafraîchissantes à la baignade dans le lac.

Canyoning en Espagne

Des canyonistes se faufilent dans l’eau entre les deux parois d’un canyon.
Le passage n’est pas toujours très large lors d’une descente de canyoning en Aragon © Agua y Nieve

La Sierra de Guara en Aragon et ses plus de 60 canyons est un lieu mythique du canyoning en Espagne et en Europe. On considère que c’est là que le canyoning est né dans les années 1970, et plus précisément dans le río Vero, le plus célèbre des canyons de la Sierra de Guara. À juste titre d’ailleurs : pendant plusieurs kilomètres, les eaux cristallines du río Vero serpentent dans un superbe environnement minéral et historique, et le passage dans les gorges des Oscuros ou dans des grottes préhistoriques parfois ornées de peintures rupestres laisse des souvenirs impérissables. Aucun rappel à effectuer au cours de ce parcours plutôt facile mais assez long pour exiger une bonne endurance.

Le barranco del Mascún est également une destination phare du canyoning en Espagne. Ce canyon d’un peu plus de 200 m de long, très aquatique à condition de s’y aventurer à la bonne période, est plutôt facile d’accès. Il offre de nombreuses descentes en rappel, de jolies vasques d’eau claire, et même des passages quasiment souterrains au creux de parois calcaires sculpturales.

Pour les plus expérimentés, Gorg Blau y Sa Fosca est un incontournable du canyoning en Espagne. Située sur l’île de Majorque, cette gorge très technique se caractérise notamment par une évolution dans l’obscurité et à la lampe de poche pendant les quelques 2 heures de progression dans la portion de Sa Fosca. Une pénombre due à la hauteur des parois et à l’étroitesse du canyon qui empêchent la lumière d’atteindre le fond de la gorge.

Canyoning en Italie

Saut dans une vasque d’eau turquoise transparente lors d’un parcours de canyoning en Italie.
Le torrente Chalamy est une destination de canyoning de plus en plus prisée © Canyoning Centre Valle d’Aosta

Les gorges les plus populaires pour faire du canyoning en Italie se trouvent autour du non moins célèbre lac de Garde, dans le nord du pays. Le Palvico, dont les parois sont si hautes et si étroites que la lumière du jour peine à se frayer un chemin jusqu’au fond de la gorge, le rio Nero et son eau cristalline ou encore le Tignale avec son impressionnante descente en rappel de 60 m ont chacun leur expérience à offrir aux canyonistes de tous niveaux.

Il est également possible de faire du canyoning en Italie non loin de la frontière française : dans la Vallée d’Aoste, le torrente Chalamy est une large gorge de granite qui commence à se faire un nom dans le milieu.

Canyoning en Suisse

Un groupe de canyonistes dans le canyon de Chli Schliere en Suisse.
Le Chli Schliere est un must du canyoning en Suisse © Outdoor Interlaken

Pour trouver les meilleurs parcours de canyoning en Suisse, rendez-vous du côté d’Interlaken dans le canton de Berne. Depuis cette petite ville située entre les lacs de Thoune et de Brienne – d’où elle tire son nom –, on accède à la crème des canyons des Alpes suisses.

Chli Schliere est considéré comme le meilleur de la région et un incontournable du canyoning en Suisse. Cette gorge aquatique et technique attire les canyonistes expérimentés et les sportifs amateurs de frissons.

Au sud-est d’Interlaken, le canyon de Grimsel est un parcours ludique et néanmoins exigeant, qui propose une descente en rappel de 50 m en guise de mise en bouche, puis de nombreux toboggans et sauts à sensation ou encore une superbe descente en tyrolienne au cœur d’un joli paysage de montagne.

Saxetenschlucht – ou canyon de Saxeten – est un terrain de jeu idéal pour les débutants. C’est un petit canyon ludique, qui n’a rien à envier aux plus techniques et qui réserve de belles surprises aux canyonistes amateurs.

Canyoning en Allemagne et en Autriche

3 canyonistes dans les cascades de l’Auerklamm en Autriche.
Une descente du canyon Auerklamm, ce sont des sensations garanties © CanKick

Les Alpes allemandes et autrichiennes ont de véritables trésors à offrir, notamment dans les régions de la Bavière et du Tyrol.

Les destinations phares de canyoning en Allemagne sont sans conteste le canyon de Starzlachklamm, de difficulté moyenne, et le plus technique canyon d’Almbachklamm qui offre des descentes en rappel et des sauts demandant un peu de cran.

Le Tyrol est le hotspot de canyoning en Autriche, et en particulier les vallées de l’Ötztal et de l’Oberinntal. On y trouve des gorges et des canyons de tous niveaux de difficulté, parmi lesquels le Rosengartenschlucht, accessible même aux plus jeunes dès 5 ans, l’Alpenrosenklamm de difficulté moyenne et le très technique Auerklamm.

Autres destinations de canyoning en Europe

Un canyoniste saute dans la rivière Cetina sous les yeux de plusieurs canyonistes.
La rivière Cetina concentre les meilleures aventures de canyoning en Croatie © Adventure Dalmatia

Située en Dalmatie, la rivière Cetina est une destination incontournable pour qui veut expérimenter les joies du canyoning en Croatie. Les parcours se font au départ de Split, d’Omiš ou bien de Zadvarje et réservent aux canyonistes de tous les niveaux une expérience esthétique et riche en sensations.

Au nord-ouest du pays, le Parc National de Triglav concentre l’essentiel des activités de canyoning en Slovénie. Dans la vallée de Soča – en français Isonzo – c’est dans le Sušec ou le Kozjak que cela se passe, alors qu’au départ de Bled, c’est le Grmečica et le Jerecica qui s’offrent aux amateurs de canyoning.

Impossible de ne pas mentionner la Grèce parmi les destinations de canyoning en Europe. En Crète, le canyon de Ha est l’un des plus beaux spots de canyoning en Grèce et certainement l’un des plus impressionnants. Un canyon très vertical et technique réservé aux canyonistes avertis, et à faire au début du printemps pour bénéficier de conditions optimales.

Comment se déroule une descente de canyoning ?

La grande majorité des parcours de canyoning inclut un épisode de marche pour atteindre l’entrée du canyon, des consignes de sécurité de la part du guide, la descente de canyon elle-même et le retour vers les voitures. La durée et le niveau de difficulté annoncés de l’activité tiennent compte de tous ces éléments.

La durée d’une descente de canyon est très variable : certaines ne durent pas plus d’1 heure et demie, d’autres peuvent demander une journée entière, soit jusqu’à 7 ou 8 heures en tout. Et entre ces deux extrêmes l’éventail est large. En ce qui concerne le moment de la journée, matin et après-midi se prêtent aussi bien l’un que l’autre à une belle descente de canyon. Seule la présence d’une installation hydro-électrique à proximité ou de mauvaises conditions météorologiques peuvent avoir une influence sur le moment de la tenue de la sortie.

La rencontre avec le guide s’effectue soit à la base de canyoning, soit à un point de rendez-vous plus proche de l’accès au canyon. C’est là que les participants reçoivent leur équipement, fourni par le guide, et le groupe se met ensuite en marche vers l’entrée du canyon.

Avant de pénétrer dans le canyon et de se lancer dans l’aventure, le guide donne les consignes et instructions qui permettront à tous de progresser jusqu’au terme du parcours de canyoning en toute sécurité, tout en profitant au maximum de la descente.

Et c’est parti pour une descente hors du temps, au cœur d’une nature spectaculaire et grandiose, semée de sauts, de glissades, de descentes en rappel, d’éclaboussures, de frissons et d’éclats de rire. La sortie s’achève par une marche pour retrouver véhicules, vêtements secs… et la civilisation.

Quand faire du canyoning ?

En général le canyoning se pratique entre avril et octobre. Cependant, la période de pratique est variable selon les régions et les canyons. Par ailleurs, quelle que soit la période de l’année, elle est soumise aux conditions météorologiques ainsi qu’aux arrêtés préfectoraux ou municipaux.

En hiver on ne pratique généralement pas le canyoning, principalement pour des raisons de température, même si le « Ice Canyoning » fait des adeptes. Au début du printemps, les cours d’eau sont gonflés par les pluies souvent importantes et par la fonte des neiges. Dans des lits aussi étroits que ceux proposés par les gorges, le débit peut devenir extrêmement important, puissant, imprévisible et donc dangereux. Tout cela empêche la tenue de sorties canyoning pour des raisons évidentes de sécurité.

En été, la température extérieure appelle des activités rafraîchissantes et le choix de canyons praticables est plus important. C’est pourquoi les mois d’été sont les plus prisés pour une activité de canyoning.

Cependant, peu importe la période de l’année, le pays, la température extérieure ou de l’eau, le critère principal qui détermine la tenue d’une sortie est la météo. Ainsi, un orage à venir ou un épisode de pluie important peuvent changer rapidement et radicalement le profil d’un canyon jusque-là tout à fait charmant et praticable. C’est pourquoi, en cas de météo incertaine, une activité de canyoning doit être annulée et reportée, pour la sécurité de tous les participants, même les plus expérimentés.

L’exception : l’eau chaude de Thuès

Le canyon de Thuès est situé dans les Pyrénées-Orientales et présente la particularité d’être praticable toute l’année, mais de préférence en hiver en raison de son eau sulfureuse à 35 °C, dont certains passages peuvent même atteindre les 70 °C. C’est un parcours à effectuer au cœur de l’hiver.

Quel équipement pour le canyoning ?

Dans un canyon, un canyoniste sort une corde de son sac à dos.
Casque, combinaison en néoprène et baudrier font partie de l’équipement du canyoniste

L’équipement nécessaire à la pratique du canyoning peut se diviser en trois catégories : l’équipement que doit prévoir chaque canyoniste individuellement, l’équipement individuel fourni par le guide de canyoning et le matériel collectif, qui servira à l’ensemble du groupe.

Équipement à prévoir par chaque canyoniste :

Pour faire du canyoning, pas besoin de s’équiper lourdement, c’est l’avantage des activités estivales ! Vous aurez simplement besoin d’un maillot de bain, de chaussures de sport antidérapantes, à lacets de préférence, d’une bouteille d’eau, d’un en-cas ou d’un pique-nique, en fonction de la durée de la descente, d’une serviette de bain. Si vous portez des lunettes, prévoyez un cordon pour les attacher.

Équipement individuel fourni par le guide :

Une combinaison en néoprène : elle a pour double vocation de protéger les canyonistes de la température de l’eau, toujours fraîche, même au cœur de l’été, et des aspérités du canyon, que ce soit lors d’une descente en rappel ou d’une glissade dans un toboggan naturel.

Un casque : indispensable pour se protéger des éventuels chocs pendant la descente. Vous évoluez dans un milieu naturel, donc sauvage et imprévisible à certains égards.

Un baudrier : votre allié pour les descentes en rappel le long d’une paroi sèche ou d’une cascade, associé à des mousquetons et des longes – ou cordes – adéquates pour une progression en douceur et en sécurité.

Selon les prestataires, d’autres pièces d’équipement peuvent être fournies. Elle sont en option moyennant supplément, ou bien incluses dans le prix en fonction de la température ou du canyon, ou encore de la durée de l’activité :

    • chaussettes en néoprène – il est dans ce cas important de prévoir des chaussures assez larges pour y être à l’aise une fois les chaussettes enfilées
    • chaussures de canyoning
    • vêtement thermique à mettre sous la combinaison
    • gants de canyoning en néoprène
    • lampe de poche étanche
    • un bidon étanche et un sac à dos
    • etc.

Matériel collectif :
Le matériel collectif est composé des longes, mousquetons, descendeurs, etc. que l’ensemble du groupe utilise au cours de la descente, ainsi que du matériel de secours et la trousse de secourisme.

Cadre réglementaire du canyoning

Le canyoning est une activité de plus en plus réglementée, d’une part pour des raisons de sécurité des canyonistes et d’autre part pour des motifs de protection de la faune et de la flore.

Réglementation

En France, pour encadrer une activité de canyoning dans un cadre professionnel – par opposition à un encadrement bénévole –, il faut être titulaire d’un diplôme délivré par le ministère de la Jeunesse et des Sports, en l’occurrence un Diplôme d’État JEPS Canyonisme, à recycler tous les 6 ans. L’encadrement des mineurs répond à une réglementation particulière, notamment au regard de la difficulté du canyon ou encore du nombre de participants sous la responsabilité du guide.

Chaque canyon est soumis à sa propre réglementation et la préfecture ou la mairie peut autoriser ou interdire l’accès d’un canyon de façon temporaire et exceptionnelle, par exemple en raison d’orages importants ou de montée subite du niveau de l’eau. Un canyon peut également être interdit d’accès à certaines périodes de l’année, par mesure de sécurité, pour rénover l’équipement du canyon, ou bien pour préserver la faune et la flore. Enfin, la présence d’un barrage à proximité joue dans les périodes d’accès à un canyon.

Sécurité

Le canyoning est une activité de pleine nature, c’est pourquoi la sécurité est particulièrement prise au sérieux lors de chacune des sorties dans un canyon.

Cela passe en premier lieu par la qualité irréprochable du matériel fourni par le guide. De la combinaison au casque en passant par le baudrier, les cordes et les mousquetons, chacun des éléments de l’équipement du canyoniste doit répondre à des normes précises et est régulièrement contrôlé.

Ensuite, avant d’entrer dans le canyon, le guide donne aux participants des consignes précises sur la sécurité tout au long du parcours. Il donne des explications sur les différentes techniques de franchissement des obstacles, mais aussi sur la procédure à suivre en cas d’urgence.

Enfin, aucune descente de canyon n’a lieu sans que le guide se soit informé sur les conditions météorologiques, sur le débit de l’eau du canyon, sur les éventuelles variations à prévoir. Si les conditions ne sont pas réunies pour une descente en toute sécurité, le guide peut annuler la sortie et la reporter.

 

Marie-Liesse de CheckYeti

J’attends toujours impatiemment le retour de l’été, synonyme d’aventures au cœur de la nature. Chaque sortie est une expérience forte, jalonnée de sensations uniques et de surprises offertes par une nature grandiose et généreuse.